Photomobiles : notes de travail 2011 (n°11 à 13)

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décembre 28, 2011 par nh

11/ La dernière idée, au delà de celle de l’arrêt du flux et du mouvement (comme si ces essuie-glaces étaient l’équivalent de la saisie que nous avons aujourd’hui de ces personnages à l’arrêt à Pompéi, arrêtés par l’accident , la catastrophe – et l’accident, au sens de Virilio est aussi sous-jacent à ces photomobiles), donc du temps, c’est celle de l’espace.

12/ Ces photomobiles de la série 2011 (je hais le mouvement qui déplace les lignes), sont, doivent aussi entrelacer un point de vue surplombant, panoptique (celui du cartographe qui voit le monde d’en haut, ou à travers les outils et instruments de la représentation objective), et le monde en perspective cavalière, ou le monde vu depuis un point de vue local, ou subjectif.

13/ Le point de vue objectif et le point de vue subjectif doivent se coupler s’hybrider : l’essuie glace, en tant qu’objet qui a été arrêté dans sa course échappe au contrôle de l’observateur : il est la trace d’une réalité spatio-temporelle objective , objectivé dans et par l’œil de l’objectif du smartphone. Et il dessine la caté d’un territoire qui est celui de la route, mais dont les agencements qui en résultent entre la route, l’essuie glace, le paysage et ses lignes échappent au contrôle de l’intention auctoriale, ou de l’intentionnalité de celui qui prend la photo : elles procèdent d’une mise à plat plus ou moins réussie mais aussi involontaire, si elle est réussie. Mais en même temps, il y a un point de vue, une intentionnalité après coup, dans l’agencement voulu, la mise en récit, la séquentialisation, qui permet de réintroduire le point de vue subjectif. C’est mon point de vue sur le monde, qui se construit comme un récit (mais ce récit est aussi une négociation jamais totalement maitrisée du visible et de l’invisible, il ya donc une profondeur de temps dans l’espace de l’image qui échappe là aussi au contrôle, d’où peut-être aussi l’intérêt des triptyques, et cela est lié au fait que je n’ai jamais voulu écrire de romans, cette structure ternaire me va, elle est aussi elle du haiku). C’est le monde vue d’en haut , du balcon, et vu depuis celui qui passe dans la rue : comment être au balcon (à l’arrêt) et se regarder passer ou marcher  dans la rue (en mouvement) : c’est à cette aporie que je veux me confronter. Au dépassement de l’alternative de l’action ou de l’interaction dans l’art et de la contemplation).


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